Opus 53 : 13,7 milliards d’années ...



CM, SATB, CE, clarinette et petites percussions. textes en français et en sango. 50 mn. Facile.

 
Plusieurs idées se croisent dans cette œuvre. Celle, tout d’abord, d’une vaste exploration du monde, à l’échelle des millénaires comme à celle d’une seule vie humaine. D’où le titre, 13,7 milliards d’années, qui correspond à l’âge de l’univers tel que l’ont déterminé les études les plus récentes. Celle, ensuite, d’un regard porté sur la trajectoire humaine, et son devenir, d’où les trois parties : Verbes, Sèves, Stèles. La première reprend le symbole (biblique) du lien entre la parole et la vie, dont elle commente les différentes étapes, la deuxième, celui d’un flux vital entre tous les êtres, qui circulerait en permanence depuis les origines, et la dernière enfin, celui de la trace que nous laisserons, au-delà de nous-mêmes, peut-être celle d’une danse ou d’un perpétuel départ.

Une autre idée ensuite, serait celle d’une approche de la poésie contemporaine à travers quatre auteurs majeurs, deux femmes et deux hommes, liés par l’estime et l ‘amitié : Andrée Chedid et Amina Saïd, Eugène Guillevic et Henri Meschonnic. Ces correspondances poétiques me permettent de tisser, par les poèmes que j’ai choisis dans de nombreux recueils, un territoire de mots et de sons qui préexiste à la musique, et sur lequel je m’appuie, pour que les chœurs les moins préparés aux sonorités vocales d’aujourd’hui puissent les comprendre sans effort (par les chuchotements, murmures et autres manières d’entrer en douceur dans les textes). Cette démarche didactique est complétée par une autre idée, d’ordre musicale cette fois : il s’agit de proposer un travail très formateur pour les voix, la monodie, mais sur un grand nombre de modes, y compris une série. Verbes est donc une suite de monodies tantôt pour voix d’enfants et tantôt pour voix de femmes, Sèves continue le processus pour les voix d’hommes, avec une participation semi-improvisée des voix aiguës, et Stèles regroupe tout le monde pour une partie polyphonique, double-chœur, puis quadruple chœur. Cette écriture s’accompagne d’un travail de spatialisation très développé, puisque les chanteurs sont disposés en cercle autour du public, du début à la fin de l’œuvre, ce qui nécessite une grande capacité d’écoute de leur part. Un cor anglais (ou une clarinette) accompagne l’ensemble des choristes, et leur donne un repère tonal.

Une dernière idée serait d’ajouter deux récitants, ainsi que des pièces dédiées aux seuls enfants, comme prélude, intermèdes entre les parties I et II, entre les parties II et III, puis en conclusion. Liant la nature et le cosmos comme une même matrice originaire, ces petits textes du poète français Jean-Dominique Pénel, qui vécut 30 années en Afrique, sont centrés sur le thème de la naissance, deux d’entre eux sont en sango. Ils nous apportent comme la promesse d’un monde encore à inventer, à rêver avec nos voix, nos chants.


 
< Précédent   Suivant >