| Disques monographiques |
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Tous les enregistrements des œuvres de Thierry Machuel sont soutenus par la Fondation pour l'Art et la Recherche.PsalmSeptembre 2004 Œuvres pour chœur a cappella Nocturne (Tagore) Le Jeune Chœur de Paris, Les Cris de Paris, direction Laurence Equilbey, Geoffroy Jourdain.
Naïve et Label inconnu "Longtemps laissé pour compte en France pour cause de pénurie d'ensembles qualifiés, le chant choral commence enfin à attirer musiciens et compositeurs. Le présent disque fournit un bel exemple de cette renaissance. Il comporte un florilège d'oeuvres sorties de la plume de Thierry Machuel, compositeur et pianiste tout juste quadragénaire, pensionnaire successivement des prestigieuses Villa Médicis à Rome et Casa de Velazquez à Madrid. Son catalogue comporte une cinquantaine de compositions à ce jour, dont les trois quarts sont pour choeur a cappella. L'art de Machuel se distingue avant tout par sa remarquable sensibilité à une grande variété de styles poétiques de tous horizons. Ainsi, son cycle des Nocturnes comporte des textes aussi bien d'auteurs contemporains français que du grand poète bengali Tagore, alors que dans Jiv il reconstitue la vie d'Ossip Mandelstam, mort sous l'oppression stalinienne. Le même engagement contre la tyrannie, pour la liberté personnelle et poétique, se retrouve également dans Dark like me, longue fresque évoquant la condition des Noirs américains dans la première moitié du XXe siècle, écrite en hommage à Billie Holiday, et dans Über dem Dorn (dont le premier mouvement, Psalm, donne son titre au disque), exploration bouleversante de l'univers torturé de Paul Celan. Cette musique virtuose, émouvante, toujours accessible est interprétée par deux groupes exemplaires placés sous la direction d'acteurs majeurs du renouveau choral français - Laurence Equilbey, bien connue des mélomanes pour ses magnifiques prestations avec Accentus, et Geoffroy Jourdain." Naïve
Sur la terre simpleMai 2009
Œuvres pour chœur a cappella Un étranger, avec, sous le bras, un livre de petit format, Solistes du chœur Mikrokosmos, direction Loïc Pierre.
Label Inconnu ® et Carmen-Forté
Ce recueil musical est avant tout un parcours poétique, dans lequel les thèmes de la mort, du « passage », et du renouvellement de la Vie, sont le véritable lien entre les œuvres, en dehors des particularités de l’écriture musicale ou de l’interprétation, que je laisse à l’appréciation de l’auditeur.Un étranger, avec, sous le bras, un livre de petit format, est une œuvre sur la Rencontre, la confrontation à l’Autre, avec pour livret une série de courts textes en français d’Edmond Jabès, mis en correspondance avec leur propre traduction en espagnol (dûe au grand poète José-Angel Valente). « L’étranger te permet d’être toi-même, en faisant, de toi, un étranger », tel est le motif principal des quelques phrases que j’ai collectées pour l’évocation d’une rencontre entre deux chœurs au départ antagonistes, et qui peu à peu découvrent leurs ressemblances : « je n’ai de certitude qu’un cœur qui bat, et qui bientôt ne battra plus ». La parure éphémère est constituée de quatre poèmes d’Yves Bonnefoy empruntés au recueil Début et fin de la neige. Elle fait intervenir un récitant tout d’abord, accompagné par des chants lointains, avec pour décor la neige, sa pureté, ce qu’elle a de fragile aussi, de fugitif (« à ce flocon qui sur ma main se pose… »), et nous amène devant une de ces sculptures où la Vierge est représentée avec l’humanité se protégeant dans les plis de son manteau. Cette image se prolonge avec la voix d’une récitante (la « Madone » ?) : « tu vas, le cœur battant, dans la grande neige ». Under en sten, sur des textes en danois d’Inger Christensen, reconstitue un dialogue entre l’auteure et son défunt mari. Il est vrai, néanmoins, qu’elle seule, vivante, parle, et que par la musique je transforme son monologue en rêve d’un dialogue avec l’au-delà, parfois extrêmement tendu. The invisible kingdom, sur des textes en anglais de Kathleen Raine, replace peu à peu le drame de la mort dans les cycles de la Vie, du brin d’herbe au cosmos, et cherche un apaisement dans l’injonction finale, tranquille et joyeuse, à désirer le perpétuel changement. Enfin, point d’aboutissement du parcours, les Élégies romanes sont un recueil de cinq pièces, dans cinq langues romanes : en portugais (Sophia de Mello Breyner), français (Yves Bonnefoy), roumain (Lucian Blaga), italien (Daniela Attanasio), espagnol (José-Angel Valente). La traversée de la mort est ici clairement évoquée, le langage musical plus âpre que dans les œuvres précédentes. L’expression dramatique des textes s’en trouve renforcée, les contrastes apparaissant plus vifs entre chacun des « mouvements ». Le dernier poème, Aparicion del pajaro, évoque la transformation du corps, sans que l’on sache in fine de quelle forme de survivance il s’agit. Nativités profanesJanvier 2010
Maîtrise de la Loire, direction Jacques Berthelon Maîtrise de La Perverie, direction Gilles Gérard Solistes Armelle Morvan, soprano, Corinne Bahuaud, mezzo, Dominique Bonnetain et Xavier Stouff, ténors, Julien Reynaud, baryton, Mylène Lubrano, accordéon, Bruno Lebreton, percussion, Jung Wha Lee, harpe. Label Inconnu ® et Carmen-Forté
En ces temps de morosité, de profonde incertitude sur le devenir de la planète, que peut apporter le chant choral ? N’y a-t-il rien de plus urgent à faire que de chanter ? Mais qu’est-ce que cette expérience du chanter-ensemble, sinon une manière, choisie, de former une communauté humaine, contre l’individualisme et l’émiettement de notre société ? Dans ce cas, ce qui réunit en premier lieu les membres de cette communauté, n’est-ce pas un projet défini ensemble ? Le chant est-il la finalité de ce projet, ou est-ce un moyen pour atteindre autre chose ? Plus légères en apparence, les trois pièces de Maternidad nous parlent des enfants pauvres du Chili, auxquels Gabriela Mistral a légué toute son œuvre d’écrivain. Dans Kemuri, j’ai rassemblé des textes de deux auteurs différents, afin de mieux différencier le chœur d’enfants et le ténor solo. Celui-ci joue le rôle du poète Takuboku, tandis que les enfants chantent des haïku parlant de la nature et du passage des saison. Au centre de l’œuvre, le poète et sa femme échangent quelques mots, et l’on devine l’enfant à naître, malgré la maladie du poète. Lorsque j'ai proposé à La Perverie une œuvre où dialogueraient les voix de René-Guy Cadou et de sa femme Hélène, la réaction fut tout de suite enthousiaste, du fait de la renommée de René-Guy dans la région, et de l'évidence de son langage poétique. Mais la poésie d'Hélène, sa femme, était à peine connue. Le projet comportait donc, d'abord, la rencontre avec celle qui fut la compagne du poète dans les dernières années de sa courte vie, et qui écrivit son tout premier poème au lendemain de la mort de son mari. Pour les lycéens de La Perverie, cette après-midi passée avec une très grande dame de la poésie française, témoin des événements marquants de notre siècle, fut un des temps forts du projet. Depuis le début des années 1950, elle n'a jamais cessé d'écrire, et les textes dédiés à celui qui illumina sa jeunesse sont nombreux, comme un dialogue jamais interrompu par le temps ni la mort. J'ai donc placé en miroir les textes de l'une, et de l'autre, afin que l'on en voie bien les correspondances dans la simultanéité de l'instant musical, bien que ce dialogue, imaginaire, ait eu lieu sur plus de cinquante années. Les liens apparaissent ici tellement vifs, entre l'intuition de sa propre mort chez René-Guy - rendant plus déchirantes encore les paroles adressées à sa femme - et la révolte d'Hélène, qui avec les années prendra un ton plus apaisé, sans jamais rien céder de son intensité, que l'on découvre un amour comparable aux plus émouvants de notre histoire, Héloïse et Abélard, Saint François et Sainte Claire... En conclusion, Baradoz ar mor, mélodie de type traditionnel dont j’avais réalisé l’esquisse il y a une vingtaine d’années, fut l’occasion d’un travail réunissant les deux chœurs. J’ai ajouté au centre une berceuse, me souvenant de Pêcheur d’Islande, ce beau livre de Pierre Loti dont l’action se passe dans un village breton qui m’est familier : alors que le marin disparaît dans le naufrage de son navire, une mère berce son enfant, et tente de le protéger des malheurs d’ici-bas ...
Clairvaux, Or les mursSeptembre 2010 Grand Prix de l'Académie Charles Cros Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2011 Clé d'or de Res Musica |
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