Opus 57 : Paroles contre l'oubli

 

pour chœur de chambre à voix mixtes

sur des textes de détenus de la maison centrale de Clairvaux (ateliers 2009)

 

création par le chœur de chambre Les cris de Paris, direction Geoffroy Jourdain

dimanche 27 sptembre 2009, Clairvaux, festival "Ombres et lumières"

 

 

 

En écrivant les Paroles contre l’oubli, j’ai voulu répondre aux exigences d’un festival encore jeune, dont le public privilégié n’était pas encore familiarisé avec les sonorités vocales d’aujourd’hui. Donc, faire en sorte que l’œuvre soit suffisamment pédagogique  pour garder l’attention des auditeurs durant une vingtaine de minutes et les mettre progressivement en empathie avec les détenus. Ainsi ai-je peu à peu réalisé des portraits musicaux  de dix d’entre eux, de courtes photographies sonores, très contrastées, avec une attention particulière à la notion de pulsation, un figuralisme musical simple et une certaine distance aussi, comme dans la pièce sur le texte de Franck. J’ai placé au tout début un texte de Pierrot, qui ne parle pas explicitement d’enfermement, afin d’entrer en douceur dans le cycle, à la différence des Nocturnes, plus violents dans leur approche. Les textes de Jacky affinent encore notre perception, comme un zoom avant très progressif, puis c’est le passage éclair d’Eric ; puis Kirru, le nostalgique, qui nous parle enfin de prison à mots découverts, mais en basque, puis Franck, avec son humour grinçant : « Il est bien l’oubli, c’est un néant, pas bien méchant ». Là, j’ai enfin placé les textes les plus durs, celui de S-M, qui met à nu les rouages les plus sombres de notre société, puis Adrien, qui parle de l’étouffement, Dumè, le « condamné à vie », avec lequel j’ai tenté de suggérer cette impression d’enterré vivant par ajouts successifs de pelletées de voix ... et Régis dont j’ai utilisé deux textes d’origine différente et répartis l’un pour les voix de femmes et l’autre pour les voix d’hommes, préparant cet ultime rejet de son dernier texte avec soin, un mot impossible et imprononçable, « insignifiantifié ». Et enfin, en conclusion, l’extraordinaire texte d’espérance d’Agustin, en basque. 

 
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