Opus 26 : Cantos verticales

 

 

Cantos verticales

(cycle inachevé)

Estoy despierto
La campana esta llena de viento
El fruto se rompe
Llueve sobre el pensamiento
Si has perdido tu nombre
Un amor mas alla del amor

CE, SSAA, SSSSAAAA solos, récitant, 4tuor à cordes. Textes en espagnol. 40 mn. Difficile.

Commande de Musique Nouvelle en liberté,
création Maîtrise de Radio-france, direction Toni Ramon,
ouverture de la saison de concerts de Radio-France 2003-2004,
auditorium Olivier Messiaen. 

Roberto Juarroz, poète argentin disparu au tournant de ce siècle, a intitulé toute son œuvre « Poesia vertical », et publié près d’une quinzaine de recueils sous ce titre (l’un d’entre eux, Fragments verticaux, faisant l’essai d’une poésie de la brièveté, de l’aphorisme). Ce parcours est celui d’une vie entière, vécue dans un constant « souci de l’être », ce qui place le poète aux côtés des philosophes et des mystiques.

Pourtant, aucune doctrine – ni aucune Foi – ne transparaissent : il s’agit plutôt d’interroger ce qui nous entoure ou ce que nous sommes, de garder ouvert le champ de toute recherche : « Chaque chose porte en soi son antithèse. Elle ne pourrait pas exister sans elle. La condition de la réalité est sa propre contradiction… » (Presque poésie, 72).

Après bien des réécritures, cette nouvelle version des Cantos verticales comporte des passages a cappella, d’autres avec le quatuor seul ; un récitant et un accordéoniste se joindront à l’ensemble dans une ultime et dernière version. Les textes que j’ai confiés ici aux enfants peuvent paraître les dépasser parfois, mais je suis sûr qu’il n’en est rien, et quand bien même cela serait, et que le sens leur en apparaîtrait plus tard, peu importe : l’interrogation suscitée aura déjà porté des fruits : « La vie et la poésie sont une succession de naissances… »

(Presque raison, 139).  

 
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