Opus 32 : Les mouvements du cœur dans le frisson du saule

 

 

Les mouvements du cœur dans le frisson du saule

Laissez porter au vent,
Tout file entre les doigts,
Si tu veux mon avis,
Les étoiles parmi les étoiles,
Enfant paisible,
Ce curseur frénétique,
Saché-je,
Tous les possibles,
Ah se bringuebaler,
Ouvre plus grand tes ailes,
Il faut savoir s’y faire,
Ta vie soit une flèche,
Ce que la mer abandonne,
Pour la douceur.

CM, SATB, parfois plus de divisions, SATB solos, 1h15mn. De très facile à moyen.

Textes de Jean-Yves Léopold.

 

Commande du centre d'art polyphonique de Champagne Ardenne pour les 4 premières pièces,

création le 22 08 2004, choeur de Joinville-sur-Marne,

direction Hélène Leroy, Catherine Millot, Corinne Klein,

 

Commande de l'ensemble Chœur en scène  pour les les autres pièces du recueil,

création de la deuxième version en juillet 2008,

ensemble Chœur en scène, avec les Dames de chœur et Chœur en spectacle,

direction Emmanuèle Dubost, Anne Koppé, Odile Branciard,

mise en scène de Benoît Richter

 

création de la troisième version le 25 juin 2011,

ensemble chœur en scène, chœur Eonia,

direction Emmanuèle Dubost, Homero Ribeiro de Magalhaes,

mise en scène de Benoît Richter 

 

Pour visualiser le reportage sur le spectacle avec Chœur en scène en avril 2011 :

 

http://webtv.video.hauts-de-seine.net/video/iLyROoaf2Y3k.html

 

 

 

Écrite à l'origine pour les chorales amateur de la région Champagne-Ardenne, cette Suite a été conçue en référence à la démarche pédagogique des Mikrokosmos pour piano de Bartok : une série de courtes pièces faciles, construites chacune autour d'une idée, d'un point technique particulier, en se rapprochant progressivement des langages d'aujourdhui. L'avantage des miniatures est double : économiser l'énergie des choristes, et par la même occasion, celle du public. Je me suis pris au jeu de cette écriture, et les miniatures sont passées au nombre de 14, peut-être même plus... En effet, lors des derniers concerts autour de ces pièces à la fin de l'été 2005, j'ai présenté moi-même chacune des miniatures, en dialogue avec le chef de choeur, les choristes et le public. Le résultat de cette expérience fut très surprenant : nous étions dans une petite église d'un village perdu de Haute-Marne, et pourtant, plusieurs personnes sont venues me voir après le concert pour me dire leur émotion, à la découverte d'une musique qui pourtant ne leur avait semblé « facile » ni a priori ni a posteriori. J'en ai déduit que cette petite pièce de théâtre improvisée qui s'était jouée sous leurs yeux (et leurs oreilles) sur le thème « un compositeur, un chef de choeur et quelques chanteurs essaient de vous expliquer ce qu'ils font » était peut-être un sujet de recherche
Le principe de composition des miniatures est d'abord tourné vers les interprètes, et en particulier les choristes qui auraient peu d'expérience dans la musique contemporaine. Chaque oeuvre propose de mettre en relation le poème avec un point particulier de technique vocale, avec le développement de l'écoute (de soi et des autres), le goût du son collectif et la maîtrise corporelle face au public.
Bien entendu, cette recherche, dans la diversité de ses formes (pièces tonales, travail sur les modes, pièces atonales, pièces monodiques, polyphoniques, jeux vocaux, improvisations) offre aussi au chef de choeur, même expérimenté, l'occasion d'approfondir son savoir-faire. Chaque nouvelle petite composition aura pour but de compléter cet éventail.
La mise en oeuvre de ce projet se prête donc idéalement à être suivie par des chefs de choeur en formation.
Rien ne prépare jamais vraiment le public à l'écoute de la musique chorale.
On peut bien sûr prétendre que le texte n'a pas d'importance, qu'il est inaudible, ou que le nombre des choristes « écrase » l'articulation Pour ma part, je crois qu'il n'en est rien, et que ces affirmations seraient moins fréquentes si l'on prenait la peine d'expliquer, non pas la forme de l'oeuvre, car cela s'adresserait aux musicologues ou aux publics très avertis, mais le texte, et ce que texte et musique se racontent. Mais expliquer, cela ne suffit pas. Le public ne vient d'ailleurs pas pour cela, il faut donc trouver un moyen (une méthode ?) pour faire passer ces explications pour autre chose que ce qu'elles sont.

 

Une forme à inventer

L'expérience de Haute-Marne était un dialogue entièrement improvisé, avec toutes les imprécisions du genre. Ce que je cherche à réaliser désormais est plus proche du théâtre, dans le sens où l'on aurait plusieurs personnages (le public, le chef, le choeur, le compositeur) dont deux sont des figures pouvant se démultiplier (le public, le choeur), une unité de temps (le concert) et de lieu (la salle de concert), affrontant un certain nombre de situations qui auront été préalablement travaillées, et maîtrisées. Ajoutons à cela que la frontière entre le choeur et le public devrait être suffisamment souple pour permettre des échanges. Néanmoins, il ne s'agit pas de théâtre, car le chant est prédominant et l'orientation de la suite chorale, clairement musicale et didactique. Nous sommes donc à la recherche d'une forme à inventer, où l'interprétation des miniatures devrait alterner avec de courts dialogues, vifs, percutants, parfois entrecoupés d'exemples musicaux, de tentatives avortées, et pourquoi pas, d'affrontements, pourvu que le ton reste léger. Pour réussir pleinement cette écriture, il est indispensable que soit sollicité un écrivain ayant déjà l'expérience de la scène et du chant choral, ce qui est le cas de Benoît Richter, et que les participants travaillent en résidence, tous ensemble, afin que l'auteur-librettiste soit comme immergé dans le spectacle, ce qui rendra son écriture d'autant plus naturelle. Nul ne me semble plus compétent pour ce type de projets que l'ensemble « Choeur en scène », que dirige Emmanuèle Dubost, ensemble exclusivement dédié au travail à la fois choral et théâtral, pour lequel j' ai déjà composé trois pièces, créées dans leur spectacle « Les Yeux du Firmament».

 

 
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