Opus 36 : Visages de la terre

 

 

Visages de la terre

CC, SATB, ST solos. Textes en français. 15 mn. Moyen


Maintenant,
Si quelqu’un,

Je sais,
Depuis le temps,
Ecoute,
Tu es dans un jardin,
Ô feuilles lentes.

 

Commande de la Maîtrise de La Perverie,

création le vendredi 2 septembre 2005, 

Maîtrise de La Perverie, direction Gilles Gérard,

Maison de René-Guy Cadou, à Louisfert (Loire Atlantique)

 

Lorsque j'ai proposé à La Perverie une œuvre où dialogueraient les voix de René-Guy Cadou et de sa femme

Hélène,  la réaction fut tout de suite enthousiaste, du fait de la renommée de René-Guy dans la région, et de

l'évidence de son langage poétique. Mais la poésie d'Hélène, sa femme, n'était pas connue. Le projet comportait

donc, d'abord, la rencontre avec celle qui fut la compagne du poète dans les dernières années de sa courte vie,

et qui écrivit son tout premier poème au lendemain de la mort de son mari. Pour les lycéens de La Perverie,

cette après-midi passée avec une très grande Dame de la poésie française, témoin des événements marquants de

notre siècle, fut un des temps forts du projet. Depuis le début des années 1950, elle n'a jamais cessé d'écrire,

et les textes dédiés à celui qui illumina sa jeunesse sont nombreux, comme un dialogue jamais interrompu par

le temps ni la mort. J'ai donc placé en miroir les textes de l'une, et de l'autre, afin que l'on en voie bien les

correspondances dans la simultanéité de l'instant musical, bien que, dans la réalité, ce dialogue ait eu lieu

sur plus de cinquante ans. Les liens apparaissent alors tellement vifs, entre l'intuition de sa propre mort

chez René-Guy, rendant plus déchirantes encores les paroles adressées à sa femme, et la révolte d'Hélène,

qui avec les années prendra un ton plus apaisé, sans jamais rien céder de son intensité, que l'on découvre

un amour comparable aux plus émouvants de notre histoire, Héloïse et Abélard, Saint François et Sainte Claire... 

 


 
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