Opus 8 : Nocturne (Liron)

Nocturne (Liron)

CC, SSAATTBB, trio de S & trio de Bn, SATB solos. 13 mn. Difficile.

Texte de Yannick Liron 

Commande de l'Ariam Ile de France,
création en février 2000, Jeune Chœur de Paris,
direction Laurence Equilbey et Geoffroy Jourdain,
théâtre des Bouffes du Nord.

(Voir le CD Psalm
Pour écouter trois extraits :
 
 

 

Ce premier cycle de Nocturnes pour chœur a cappella a été inauguré avec la pièce intitulée Nocturne (Liron), créée en février 2000 au théâtre des Bouffes du Nord par Laurence Equilbey.

J’ai décidé depuis de composer une œuvre par an sur ce thème, qui m'intéresse dans son acception la plus large : obscurité tant physique que psychique, souffrance, solitude, ténèbres du mal, de la mort, retrait du monde ou traversée mystique, traversée qui peut être comprise aussi comme le moment qui précède la lumière, dans une attente pleine d'espérance, et se retrouver dans des formes plus éloignées, par exemple le récit d'une rencontre que la nuit seule pouvait rendre possible (Nocturne (Tagore)), ou encore une simple description provoquant un état de contemplation, comme dans le texte de Yannick Liron. Les poèmes de ce recueil seront tous en langue française, ce qui me permettra, dans le cas des auteurs étrangers, de rendre hommage à leurs traducteurs, souvent poètes eux-mêmes.

 

NOCTURNE (LIRON) 

Né à Caen en 1962, Yannick Liron enseigne à l’école des Beaux-Arts de Lorient, et vit à Paris. Il a publié dans les revues If, On, et dans l’anthologie de poésie Poe/Tri aux éditions Autrement. Co-auteur avec le collectif d’artistes Mix de « Le principe de l’œuf clair » (installation et vidéo) présenté en septembre 2003 dans le cadre du festival Ritournelle à Bordeaux, il vient d’achever L’Annonciation, qui devrait paraître prochainement chez P.O.L. Parmi ses autres recueils, citons Nous vous rappelons notre disparition, L’effet éclair, et Au figuré.

Extrait d'un recueil intitulé L'effet fantôme, Les Nuits prend place au tout début d'une série de textes construits chacun à la manière d'une fugue, avec le titre pour sujet : Le jardin, La maison, Les lumières...

L'œuvre musicale donne à entendre ce - long - texte d'une manière très resserrée, chaque partie chantant simultanément un paragraphe différent dans un jeu contrapuntique très dense, où les images du monde nocturne, fugitives, sont presque insaisissables, toujours recouvertes par d'autres. Dans ce travail, j’ai commencé par écrire les rythmes et la répartition du texte entre les différents plans vocaux (4 voix solistes, de 4 à 8 parties tuttistes, et 2 trios) sur l’ensemble de l’œuvre, sans préciser les hauteurs. Mon intention était plutôt formelle, plastique même, comme de superposer trois tissus aux maillages tantôt translucides et tantôt opaques, permettant des profondeurs de vue - d’écoute - variables. Je ne souhaitais donc pas structurer davantage la polyphonie par des éléments récurrents : le texte ayant un aspect très litanique, j’ai voulu compenser ce trait par une efflorescence psalmodique en perpétuel renouvellement.

 
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